Fédérations professionnelles : la 4ème révolution industrielle ne pourra se faire sans vous

Pour 2016, François Hollande s’engage dans une 3ème voie contre le chômage. Le Forum Economique Mondial, qui s’est tenu à Davos du 20 au 23 janvier, voit encore plus loin. Rendue publique le 18 janvier, l’étude « Futur des emplois » passe en revue les conséquences de la 4ème Révolution industrielle dans les 15 pays les plus industrialisés. Au-delà du très médiatisé chiffre de 5,1 millions de destructions nettes d’emplois d’ici à 2020, les auteurs de l’étude mettent en avant un total changement de référentiel pour l’emploi mais aussi de véritables opportunités. 

Vers une substitution des métiers actuels

Autour du thème « Maîtriser la Quatrième Révolution Industrielle », les décideurs économiques et politiques se sont réunis pour gérer la transition. Propre à chaque révolution industrielle (de la machine à vapeur à l’électricité, de l’électricité à l’informatique), la quatrième du nom ne sera pas épargnée par ce que certains qualifient de « destruction créatrice ». Si l’automatisation, l’intelligence artificielle ou le développement de la robotique génèrent des craintes, l’étude prend garde à s’élever contre les idées reçues. Plus que le remplacement de l’humain par le robot, elle décrypte d’autres tendances de fond comme la désintermédiation des emplois ou, autrement nommée, la montée en puissance du modèle du travailleur freelance. Au-delà des évolutions technologiques, l’étude souligne également l’importance de facteurs exogènes liés aux changements démographiques et socio-économiques, parmi lesquels l’allongement de l’espérance de vie, les effets du changement climatique ou encore l’accélération de l’urbanisation.

 

De l’importance des organisations et fédérations professionnelles pour préparer l’avenir 

Les secteurs de l’économie les plus exposés à cette destruction sont les emplois de bureau ou administratifs (4,8 millions de destructions) caractérisés par leur forte teneur en tâches répétitives et automatisables, les autres secteurs ne devront pas minimiser les conséquences de cette révolution industrielle. Pour certains, les changements sont déjà en cours comme la santé, l’énergie ou la finance. De son côté, l’industrie ne sera pas épargnée et comptera une perte estimée à 1,6 million d’emplois.

Cette rupture technologique sera néanmoins un facteur d’enrichissement du monde du travail et des pratiques professionnelles dans de nombreux secteurs. Dans la santé par exemple, la télémédecine est en train de bouleverser les pratiques médicales et le rapport entre le professionnel de santé et le patient.

Les témoignages de 371 responsables de grandes entreprises mondiales confirment cette prise de conscience, qui impose dès à présent réactivité et anticipation.

Les défis à relever appelleront à associer encore davantage les partenariats public/privé et à développer des synergies interprofessionnelles voire intersectorielles. D’ores et déjà, certaines organisations se sont rassemblées pour préparer le monde du travail du futur.

Les contrats de filière en sont un exemple à valoriser. En associant organisations professionnelles et ministères compétents, le contrat de filière bois a favorisé la mise en œuvre d’actions concrètes telle qu’une veille économique mutualisée pour identifier les métiers et compétences de demain et anticiper les besoins en formation correspondants.

L’Alliance pour l’Industrie du Futur, lancée en juillet 2015 par le ministre Emmanuel Macron, en est une autre illustration. En son sein et aux côtés d’établissements académiques et technologiques, ce sont 11 organisations professionnelles[1] qui ont fait le choix de se rassembler pour organiser et coordonner les initiatives et projets de modernisation de l’outil industriel français.

En fédérant autour d’eux leurs entreprises adhérentes et principales parties prenantes, les fédérations professionnelles ont la pleine légitimité pour initier une réflexion partagée autour de ces changements de fond. Il s’agit ici d’une formidable opportunité pour prendre à bras le corps cette mission d’éclaireur et proposer des alternatives et/ou nouvelles organisations pour y faire face.

 

GPEC et gestion des talents

Compte tenu de l’émergence de nouveaux secteurs et de la modernisation de secteurs plus traditionnels, les compétences au travail seront plus pointues et nécessairement complémentaires avec les nouvelles performances technologiques. La gestion du capital humain est donc appelée à devenir un élément clé du monde de 2020 : parité, évolution des carrières, flexibilité et planification du travail…

Grâce à leur positionnement transversal, les organisations professionnelles sont amenées à déployer des outils favorables à cette bonne gestion : remontée de bonnes pratiques, référentiels de compétences, cartographie des métiers, etc. La Fédération des entreprises du recyclage a ainsi mis à disposition de son réseau une véritable boite à outils GPEC[2]. Dans le même esprit, les Observatoires prospectifs des métiers et des qualifications constituent des producteurs d’outils portées par de nombreuses organisations (BTP, commerce, pêche ou encore publicité…) en appui des politiques de formation et d’évaluation des besoins.

A n’en pas douter, les fédérations auront une place de choix à jouer pour accompagner le changement de leurs adhérents et leur adaptation à la nouvelle organisation du travail. Celles qui se saisiront sans plus tarder de ces questions et oseront innover, prendront une longueur d’avance et contribueront au renouvellement des pratiques de leur métier. Il n’y a pas de temps à perdre à temps, le changement c’est maintenant !

 

Vous pouvez retrouver l'étude du Forum Economique Mondial en cliquant ici

 

 


[1] AFDEL, FIEEC, FIM, GIMELEC, PFA, SYMOP, SYNTEC NUMERIQUE, UIC, UIMM