La vie des fédérations en bref

Retrouvez ci-après l'actualité des fédérations professionnelles, regroupant les prises de parole et initiatives diverses au sein de ces organisations

L’UMIH veut améliorer l’accueil des touristes en France pour relancer le secteur du tourisme

Alors que le secteur du tourisme affiche en France une reprise positive, l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) est sur tous les fronts pour que cette embellie se confirme.

Sur la période de janvier à juin 2017, les réservations cumulées sont en hausse par rapport à la même période en 2016 (de 9 %) et en 2015.

Si les attentats et les conflits sociaux ont eu un impact sur la venue des touristes étrangers en France, l’année 2017 pourrait voir une reprise du secteur. Quant aux vacances des Français, M. Jean-Pierre MAS (président des Entreprises du voyage), souligne que « l’intention de départs et les départs eux-mêmes sont corrélés au moral des ménages. Or, ce moral est en hausse et ça se ressent dans les vacances des Français ».

Les réflexions se concentrent néanmoins sur l’attractivité de la France pour les touristes étrangers. Ainsi, les chiffres du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères tablent sur 88 à 89 millions de touristes en France pour l’année 2017. Dans la suite d’une telle remontée, l’UMIH affiche un objectif de 100 millions de touristes en 2020, pour 50 milliards d’euros de recettes supplémentaires.

Dans cette optique, la première organisation des cafés, hôtels, restaurants et établissements de nuit a participé au Comité interministériel sur le tourisme, le 26 juillet à Matignon. À cette occasion, le Président M. Roland HEGUY a défendu plusieurs pistes d’action :

  • Atteindre un objectif d’investissement d’1€ par touriste (contre 82 centimes actuellement), afin de permettre à la France de s’imposer face à la concurrence internationale, en développant son attractivité ;
  • Adapter la formation et valoriser l’apprentissage, afin de pallier les difficultés de recrutement des professionnels et d’améliorer l’accueil des touristes à terme ;
  • Convaincre les Français du rôle économique vital qu’a le secteur du tourisme pour le territoire, afin de faire de la France un pays de haute qualité d’accueil ;

Les professionnels du tourisme ont également réclamé la publication des trois décrets encore prévus par la loi LEMAIRE et le décret relatif à la transmission automatique des données.

L’UMIH a également rencontré le Secrétaire d’Etat chargé du numérique une semaine avant ce Comité interministériel, en compagnie du GNC (Groupement national des chaînes) afin de faire un point sur les différentes mesures relatives au numérique qui auraient un impact positif sur le développement du tourisme en France. Les deux syndicats ont ainsi rappelé la nécessité du déploiement du haut débit sur l’ensemble du territoire national, afin de permettre aux clients d’être connectés en permanence et aux professionnels d’améliorer leur visibilité par une présence sur internet.

Si le secteur du tourisme semble avoir de belles années devant lui, il reste que certains éléments à l’origine des difficultés de 2015 et 2016 n’ont pas disparu. Comme le souligne M. Jean-Pierre MAS, il s’agit ainsi de « l’état d’urgence qui est une notion très anxiogène vue de l’étranger, l’actualité et les menaces d’attentats, et l’encombrement des aéroports dus aux contrôles de police ».

 

L’Alliance du commerce s’oppose à la revalorisation des valeurs locatives

La révision des valeurs locatives est effective depuis le 1er janvier 2017, mais elle menace l’activité des commerçants dans les centres-villes selon l’Alliance du commerce, qui rassemble les plus grosses fédérations du secteur de l’habillement : la FEC (fédération des enseignes de la chaussure), la FEH (fédération des enseignes de l’habillement) et l’UCV (Union du grand commerce de centre-ville).

La valeur locative cadastrale représente le loyer annuel théorique que produirait un immeuble loué dans des conditions normales et sert de base pour le calcul des taxes perçues par les collectivités locales. Selon les chiffres de l’Alliance du commerce, représentant en tout 27 000 points de vente et 32 milliards de chiffre d’affaires, sa révision provoquerait une augmentation de 50 % des impôts locaux pour les commerces, particulièrement dans le centre-ville ou pour les petites surfaces commerciales.

Selon le Directeur de l’Alliance du commerce M. Christian PIMONT, cette révision est particulièrement malvenue alors que les commerces qui en seraient le plus impactés souffrent déjà de deux nouvelles concurrences : celle des grandes surfaces installées à la périphérie des villes (les « centres commerciaux ») où les loyers sont plus bas, et celle des « géants de l’Internet » comme Amazon qui ne paient des taxes que sur des entrepôts qui sont moins imposés que les magasins.

Dans la foulée de la rencontre avec les représentants de la DGFIP (Direction générale des finances publiques) à Bercy, la fédération avait publié une synthèse de l’impact concret que cette révision aurait sur les différents commerces, chiffres à l’appui.

Le Président exécutif M. Clause BOULLE a également signé un communiqué de presse demandant de « reporter l’application de la réforme et [de] prendre le temps nécessaire pour moderniser de façon équitable la fiscalité des commerçants en concertation avec les professions », rappelant les objectifs de revitalisation des centres-villes qui feront notamment l’objet d’une réflexion au cours de la Conférence nationale des territoires.

Une mobilisation à suivre dans un contexte marqué par une baisse des dotations aux collectivités locales.

 

Les professionnels de la petite enfance s’opposent à un diplôme validé par l’expérience pour les mères

Jeudi 20 juillet, la Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes a annoncé à la Délégation aux droits des femmes à l’Assemblée nationale qu’un travail était en cours afin de créer un dispositif de validation de l’acquis de l’expérience des jeunes parents.

L’idée de ce dispositif de VAE ? Élargir à toute personne en fin de congé parental et non titulaire d’un diplôme la possibilité d’obtenir un certificat de qualification professionnelle destinée initialement aux personnes qui justifient d’au moins d’un an d’expérience en rapport direct avec la certification visée.

Son objectif ? « Accompagner des mères précaires non diplômées non qualifiées et qui actuellement passent du congé parental au chômage longue durée ou à la précarité ».

Lors d’une consultation des associations féministes suite à son investiture en mai, la Secrétaire d’Etat avait déjà évoqué l’idée de permettre aux mères de famille d’accéder à un CAP « petite enfance », mais cette idée avait déjà été décriée.

La nouvelle proposition a provoqué un tollé parmi les associations féministes ainsi que les professionnels de la petite enfance, pour des raisons différentes mais avec un objectif partagé : que ce projet tombe à l’eau.

Pour les associations féministes, un tel projet dénonce une mauvaise compréhension de la situation. La difficulté pour les jeunes mères étant de concilier vie familiale et vie professionnelle, la solution serait plutôt dans le développement de « structures publiques soutenant la parentalité, comme les crèches », la proposition de Mme Marlène SCHIAPPA ne permettant « ni de reconnaître [le travail des mères] en tant que parent, ni de les soutenir » comme l’a affirmé Mme Raphaëlle RÉMY-LELEU, porte-parole de Osez le féminisme.

Pour les professionnels de la Petite enfance aussi, cette annonce pose la question du choix des femmes d’arrêter de travailler à cause du manque de soutien et d’accompagnement. Mais le cœur du problème est autre part : cette annonce témoignerait de « l’ignorance des enjeux de l’accompagnement des jeunes enfants et de leurs familles dans notre société », et ne prendrait pas en compte les différences fondamentales qui existent entre les deux activités.

Ainsi que le souligne Mme Julie MARTY-PICHON, co-présidente de la FNEJE (Fédération nationale des éducateurs des jeunes enfants) dans une tribune publiée sur L’Obs à ce sujet, les professionnels de la Petite enfance prennent « soin des enfants des autres sans les enjeux affectifs présents entre un parent et son enfants », là où les parents « se [fondent] sur des principes éducatifs personnels ».

Ainsi, « l’accompagnement des personnes en situation de fragilité et de vulnérabilité que sont les jeunes enfants ne s’improvise pas » mais demande au contraire « formation, compétences, remise en question permanente, croisement des regards, analyse de la pratique professionnelle ».

Dans l’optique de défendre sa filière, la FNEJE a rencontré le Directeur de cabinet de Marlène SCHIAPPA le 4 août et rencontrera la Secrétaire d’Etat en octobre.