La vie des fédérations en bref

Retrouvez ci-après l'actualité des fédérations professionnelles, regroupant les prises de parole et initiatives diverses au sein de ces organisations

Les professionnels du bio tablent sur un développement de la filière

Le 13 juillet, la DGER du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation (Direction générale de l’enseignement et de la recherche) a signé deux conventions-cadres de partenariat relatives à la formation et à l’enseignement en agriculture biologique.

La première convention a été signée avec la FNAB (Fédération nationale de l’agriculture biologique), le syndicat professionnel qui porte la voix des producteurs biologiques auprès des institutions et qui travaille avec ces dernières au développement de la filière.

L’objectif : faciliter la formation et l’insertion professionnelle des étudiants de l’enseignement agricole dans le secteur bio. « Une priorité pour la réussite de l’agriculture biologique et de ses filières », comme le souligne la FNAB dans un communiqué de presse, cette réussite revêtant une importance particulière en pleine phase de transformation de notre agriculture.

Cette convention sera notamment mise en œuvre grâce au renforcement de la coopération entre les 800 établissements d’enseignement agricole et les 90 groupements départementaux et régionaux du réseau de la FNAB.

La seconde convention a été signée avec l’ITAB (Institut technique de l’agriculture biologique), dont la FNAB est un adhérent et qui a pour mission de coordonner et valoriser les actions de recherche-expérimentation, mais également la transmission des connaissances dans le domaine des systèmes agri-alimentaires en agriculture biologique.

Cette seconde convention vise également un renforcement de la coopération de l’Institut avec les établissements d’enseignement agricole, mais sur un aspect plus technique. L’objectif sera ainsi de favoriser la mise en place d’expérimentations et le transfert technologique dans le domaine de l’agriculture biologique.

Les deux conventions de partenariat s’inscrivent pleinement dans la suite du programme Ambition Bio 2017 que Stéphane LE FOLL avait présenté en 2013, puisque ce programme avait entre autres ambition de développer le « transfert des connaissances et des méthodes de l’agriculture biologique vers les autres modèles de production » et entendait agir sur trois domaines : la formation des acteurs agricoles, le renforcement de la recherche publique, et le renforcement de la coopération entre l’enseignement agricole et les réseaux professionnels.

Se faisant la FNAB renforce l’empreinte des producteurs de produits biologiques en associant les dimensions territoriales et nationales. Une stratégie que l’on espère payante dans un contexte marqué par la baisse des subventions alloués aux produits bio.

Assises du transport aérien : le scara garde les pieds sur terre

À la rentrée se tiendront les Assises de la mobilité, qui porteront sur les réseaux de transport routiers, ferroviaires et fluviaux, avec une attention particulière pour les transports du quotidien. La Ministre des transports Elisabeth BORNE a également annoncé la tenue d’Assises du transport aérien en 2018, afin de ne pas laisser sur le bas-côté un secteur lui aussi en demande de mesures dédiées. Le but : identifier les attentes de chacun des acteurs de la filière et préciser la contribution de l’État, afin de relancer la compétitivité des compagnies françaises.

Si elles s’en réjouissent, les compagnies aériennes n’en sont pas moins exigeantes. Ainsi, le SCARA (Syndicat des compagnies aériennes autonomes) – qui regroupe des compagnies aériennes françaises basées en métropole et dans les territoires ultra-marins, ainsi que des sociétés d’assistance aéroportuaire et de formation – demande que les mesures qui seront prises au cours de ces Assises soient opérationnelles dès le printemps 2018, car il s’agit du début de la haute saison pour les compagnies aériennes européennes.

L’urgence est réelle : la part du pavillon français (part de passagers transportés à destination ou au départ de la France par des compagnies françaises) recule en moyenne de 0,8 point par an depuis dix ans et n’est plus que de 41,8 % en 2016.

Le SCARA a ainsi déjà identifié plusieurs domaines de compétence de l’État qui touchent au transport aérien, et sur lesquels les Assises du transport aériens devront se pencher, dont les infrastructures aéroportuaires, la fiscalité d’intérêt général et la régulation économique.

Les compagnies aériennes dénoncent ainsi une taxation du transport aérien en France supérieure à celle des autres pays, et Michel WACHENHEIM – ancien représentant de la France à l’Organisation internationale de l’aviation civile et membre de l’ICCAIA (Conseil international des associations des industries aéronautiques) – réclamait une exonération des cotisations sociales, des allocations familiales et de l’assurance chômage, similaire à ce qui se fait pour les armateurs sur les liaisons internationales.

La chine, usine du monde refuse d’être sa poubelle

Le 18 juillet, les autorités chinoises ont notifié à l’OMC (Organisation mondiale du commerce) l’interdiction de l’importation de 24 types de déchets d’ici la fin de l’année, dont 8 familles de plastiques, les matières textiles, les papiers en mélange et certaines classes de déchets industriels.

Les justifications de cette interdiction subite varient selon la source. Ainsi, selon la note remise à l’OMC, les autorités chinoises invoquent les « grandes quantités de déchets polluants voire dangereux » dans les chargements qui arrivent en Chine, et affirment que « pour protéger les intérêts environnementaux de la Chine et la santé des gens, [elles doivent] d’urgence ajuster la liste des déchets solides importés et interdire l’importation de déchets solides fortement polluants ». Seulement, le Directeur général de Paprec Sébastien PETITHUGUENIN souligne que « la Chine souhaite modifier le flux de matières arrivant chez elles et abandonner les déchets en mélange pour aller vers des matières premières plus qualitatives ».

Chaque année, la Chine importe près de 9 millions de tonnes de déchets plastiques par an, qu’elle recycle et réutilise dans ses industries, dont 2,6 millions en provenance de l’Europe. Le recyclage des plastiques se fait en deux temps : un premier de tri des déchets qui sont ensuite mis sous forme de balles, un second où les déchets sont lavés, broyés et refondus sous forme de granulés. Dans cette situation, la décision chinoise concerne les déchets n’ayant passé que la première étape, « la Chine [ne voulant plus] que le traitement des balles soit fait chez elles » explique Sébastien PETITHUGUENIN.

La difficulté pour les entreprises européennes et particulièrement françaises ? L’activité du traitement des balles pour parvenir à des déchets rendus à l’état de granulés devra être relocalisée en Europe.

La difficulté ne réside pas dans cette relocalisation, mais bien dans le caractère brutal de la décision chinoise. En effet, « il sera difficile de modifier la production aussi rapidement » explique Jean-Marc BOURSIER, Directeur général adjoint de Suez en charge de l’activité recyclage et valorisation Europe, les industries du secteur évoquant une période de 18 à 24 mois avant que les capacités industrielles ne soient suffisantes.

La FEDEREC (Fédération professionnelle des entreprises du recyclage) a ainsi souligné que l’incapacité des autres usines à consommer les volumes initialement exportés vers la Chine allait « [obliger la] profession à prendre des mesures drastiques sur les volumes et les qualités aujourd’hui collectés (sur-tri, lavage, valorisation alternative) et à chercher en urgence des solutions de substitution afin d’en limiter les productions ».

À très court terme, l’engorgement du marché européen aura « pour effet immédiat une baisse du prix des matières premières » selon Pierre MOGUÉROU – Vice-président de la branche FEDEREC plastiques. Pourtant, ces matières seront réexportées vers la Chine après traitement des déchets sous forme de granulés, notamment pour son secteur agricole.

Face à cette crise du secteur du recyclage, Jean-Marc BOURSIER (Suez) souligne la « faiblesse de la demande européenne de matières recyclées », sur laquelle devront travailler les autorités publiques.

Le BIR (Bureau international du recyclage) demande quant à lui « d’assurer des normes de qualité élevées sans nuire à l’industrie mondiale du recyclage et à l’économie chinoise ».

Comment faire des déserts médicaux des oasis de santé ?

En septembre sera lancé un plan de lutte contre les déserts médicaux, ce qui représentera une occasion de repenser l’organisation des soins sur l’ensemble du territoire : l’opportunité pour les médecins libéraux de se réformer en profondeur ?

Pour Jean-Paul HAMON – Président de la FMF (Fédération des médecins de France), « les solutions existent et sont simples » : il faudrait doubler le salaire de l’interne sur place, lui offrir un logement et des transports, caler sa couverture sociale sur le régime plus protection des salariés pendant cinq ans.

Dans une même idée de sécurisation de la situation des jeunes qui viennent s’installer dans les déserts médicaux, la Confédération des syndicats médicaux français propose de permettre le salariat entre médecins et Olivier LE PENNETIER – Président de l’Inter-syndicat national des internes suggère que l’État salarie des médecins dans les zones en tension.

Claude LEICHER – Président de MG France préfère « libérer du temps médical » dans les cabinets, en donnant les moyens aux généralistes de salarier un secrétaire ou de « confier à une infirmière de pratique avancée ses patients chroniques stabilisés ».

Enfin, Guy VALLENCIEN – Président de la CHAM (Convention on health analysis and management) rejoint MG France sur la nécessité de permettre une meilleure délégation des tâches à d’autres professionnels de santé, après une adaptation de leur formation. Mais il réclame également et surtout un véritable « plan national d’aménagement du territoire » et l’ouverture de 10.000 maisons de santé dans les dix ans à venir.

Si les organisations de professionnels de santé convergent sur des objectifs de santé et de partis pris comme le respect du principe de liberté d’installation, la diversité de propositions pourrait atténuer leur capacité à peser sur les décisions gouvernementales.