La crise renforce le rôle d'interface des fédérations professionnelles avec les pouvoirs publics

En plein coeur des municipales, le sondage IPSOS/Comfluence pour l'OFOP confirme une défiance sans précédent à l’égard des pouvoirs publics et des corps intermédiaires. Cependant, les PME et les fédérations professionnelles tirent leur épingle du jeu. Ces dernières sont même plébiscitées pour installer un nouveau dialogue avec les décideurs publics. Aux yeux des Français, les intérêts sectoriels peuvent se conjuguer avec l’intérêt général quand ils servent l'économie et l'emploi.

A l'occasion du lancement de l'Observatoire des Fédérations et Organisations Professionnelles (OFOP), la société de conseil en communication et influence Comfluence a fait réaliser un sondage qui vient bousculer les idées reçues. En interrogeant les Français sur les acteurs auxquels ils font confiance pour proposer des solutions constructives afin de faire face à la crise, nous constatons une faible adhésion en faveur des syndicats de salariés (30% leur font tout à fait et plutôt confiance) et des organisations patronales (24%). L’indice de confiance baisse à 20% quand il s’agit du gouvernement. A contrario, la vraie surprise concerne la confiance que les Français portent aux PME pour élaborer des solutions face à la crise, avec 67%. Ils sont les seuls acteurs à dépasser les 50% ; suivis des fédérations professionnelles qui arrivent en deuxième position avec 44% d’indice de confiance.

Pour les fondateurs de Comfluence, Jérôme Ripoull et Vincent Lamkin, ce regain de confiance s’explique par le fait que ces fédérations apparaissent comme les représentants de l’économie réelle : « Avec l’Etat qui déçoit, l’Etat Providence qui perd ses prérogatives, on constate le grand retour du réalisme en économie. Les Petites et Moyennes Entreprises et les représentants fédératifs des secteurs économiques suscitent davantage de confiance. Alors que les organisations patronales et salariales sont souvent perçues comme déconnectées de la réalité ou idéologues, que les grandes entreprises apparaissent cyniques et mondialisées, à l’inverse, les fédérations et les PME représentent, elles, l’Entreprise dans ce qu’elle a de proche et de concret. »

Cette confiance va de pair avec une plus grande acceptation, voire une approbation, des missions menées par les fédérations. Y compris pour celles de ces missions qui pourraient s’apparenter à du lobbying. Ainsi 86 % des Français jugent que les fédérations professionnelles sont nécessaires pour défendre les intérêts de leur secteur d’activité. Et 89% estiment qu’il est normal qu’elles fassent connaître et défendent certains de leurs intérêts auprès des pouvoirs publics.

«  Les Français jugent légitime que des fédérations professionnelles informent les pouvoirs publics et défendent des dossiers liés à une réalité économique »

Cette analyse est confirmée par la très forte majorité de sondés (81%) qui pensent que le Parlement et le Gouvernement devraient auditionner les fédérations et organisations professionnelles avant de prendre toute mesure importante concernant l’avenir des secteurs économiques concernés. Le message des Français est clair : « mieux vaut consulter en amont les acteurs concernées, plutôt que de revoir, sous la pression d’un secteur économique, une mesure inadaptée». C’est pourquoi, à une large majorité (plus de 83%) les personnes sondées trouvent justifié que les fédérations professionnelles médiatisent leurs positions dans le cadre de lettres ouvertes publiées dans la presse.

Quand on leur demande quelles sont les actions des Fédérations professionnelles qu’ils jugent prioritaires, ils placent à 70% la capacité de proposer des solutions pour développer l'activité des entreprises et les emplois dans leur secteur et juste après, à 64%, d’informer les jeunes et leur famille sur les débouchés professionnels et les opportunités  d'emplois dans leur secteur. « Les actions des fédérations professionnelles que plébiscitent les Français rejoignent les attentes concrètes de la société en période de crise, à savoir l’emploi et la formation des jeunes. De cette manière, les Français arrivent à résoudre une potentielle contradiction : ils sont favorables à ce que les fédérations relaient les intérêts particuliers des secteurs économiques à condition qu’ils répondent à des enjeux d’intérêt général. Au final, 53% considèrent que les actions de sensibilisation et d’information des fédérations et organisations professionnelles auprès des pouvoirs publics comportent plus d’avantages que d’inconvénients, car elles permettent aux pouvoirs publics de mieux prendre en compte les problèmes rencontrés par les entreprises pour prendre les décisions les plus adaptées à la situation économique.» remarquent Vincent Lamkin et Jérôme Ripoull.

Municipales : oui au dialogue entre fédérations professionnelles et candidats !

S’agissant des élections municipales, les Français affirment à plus de 57% que c’est une occasion que doivent saisir les fédérations, et syndicats professionnels, pour faire connaître à tous les candidats les grands enjeux auxquels les entreprises de leur secteur vont être confrontées dans les prochaines années.

« Pour les Français, les municipales ne constituent donc pas un temps de dialogue exclusif entre les électeurs et les candidats, elles peuvent être un moment où les Fédérations professionnelles partagent leurs défis et leurs propositions. L’emploi est désormais la préoccupation n°1 des Français et, à ce titre, ils ont un regard pragmatique sur le dialogue entre l’Etat et l’Entreprise.  C’est parce qu’elles portent ces problématiques que les fédérations et organisations professionnelles sont légitimes à prendre la parole.  C’est à l’évidence un changement majeur, de tels résultats n’auraient pas été possibles il y a six ans, lors des dernières élections municipales. Aujourd’hui, avec la crise, nous assistons à un changement de « logiciel » de la société française. » analysent Jérôme Ripoull et Vincent Lamkin.

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