Loys Guyonnet, Directeur juridique social & relations institutionnelles de la FEP

Pourriez-vous nous présenter la Fédération des Entreprises de Propreté et Services Associés, son périmètre d’intervention et ses principales missions ?

La Fédération des Entreprises de Propreté et Services Associés (FEP) est l’unique organisation patronale représentative du secteur seule habilitée à représenter la branche auprès des pouvoirs publics, des instances interprofessionnelles, des donneurs d’ordre etc…
Au service de l’ensemble des entreprises quelque soient leur taille, la FEP est présente sur l’ensemble du territoire via ses 8 Chambres syndicales qui constituent la force de son réseau de proximité. Nous comptons par ailleurs près de 2000 entreprises de propreté adhérentes, dont près de 90% ont un statut de PME.
Plus globalement, la filière propreté représente 12 milliards d’euros de chiffre d’affaires et près d’1/2 million de salariés. Les enjeux sont importants.
A cet effet, la FEP accompagne les entreprises du secteur via différentes offres de services (SVP social etc.…) et s’implique au quotidien dans leur développement, la préservation de leurs intérêts à l’échelle nationale et européenne, ainsi que dans la représentation de la branche auprès des pouvoirs publics et des instances interprofessionnelles (CGPME, MEDEF, GPS et …).

Quel regard portez-vous sur les évolutions législatives récentes, notamment en ce qui concerne la formation professionnelle ? Quels sont les principaux impacts pour votre secteur ?

En effet, la loi SAPIN relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale a été promulguée le 5 mars dernier. Des évolutions ont particulièrement retenues notre attention.
Sur l’emploi évidemment, avec la question l’ajustement de la réglementation du temps partiel de la loi de juin 2013 (transposant l’ANI de la même année) mais également sur les critères de représentativité et de financement des organisations patronales.
Nous sommes par ailleurs mobilisés sur le sujet de la formation professionnelle. En effet, la FEP a engagé il y a maintenant treize ans un programme de lutte contre l’illettrisme ouvrant l’accès à une formation sur les savoirs généraux que sont la lecture, l’écriture, le calcul et le repère dans l’espace-temps à l’attention des salariés du secteur de la propreté.
Aujourd’hui, les résultats de ce programme sont plus que positifs puisque de nombreux salariés ont gagné en autonomie. Ils sont même 17% à avoir poursuivi cette formation avec la préparation d’un Certificat de Qualification Professionnelle.

67% des salariés des entreprises de propreté sont des femmes. Quel est, de fait, votre approche concernant le projet de loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes ?

Les métiers que nous représentons ont une forte responsabilité sociale. On œuvre pour l’égalité des chances et faciliter l’intégration des jeunes ainsi que la réinsertion de publics éloignés de l’emploi. Nous avons une forte culture du dialogue sociale et avons signé en la matière des accords collectifs (formation en 2009, en 2012 égalité professionnelle...) et mettons en œuvre des programmes de branche (développement durable, lutte contre les TMS).
Il est vrai que les métiers de la propreté attirent près de 2/3 de femmes. Les entreprises du secteur ne sont pas contre le fait de recruter des hommes (on peut considérer certains métiers comme physiques ex. le laveur de vitres), mais globalement, elles font face à une demande moins importante de la part de salariés masculins.
Les orientations du projet de loi pour l’égalité réelle entre les hommes et les femmes ne prennent pas assez en compte les particularités propres à chaque branche professionnelle et s’inscrivent dans une approche trop globale et systématique.
La FEP refuse toute mesure de complexité administrative supplémentaire (alors que la simplification de la législation sociale est une priorité pour les entreprises de main d’œuvre) ou de stignatisation (interdiction accès à la commande publique).

Les actions de sensibilisation et d’information menées par votre organisation auprès des pouvoirs publics bénéficient-elles d’un écho favorable ? 

Il est aujourd’hui primordial que des initiatives régulières se développent entre une fédération professionnelle comme la nôtre et les pouvoirs publics, afin notamment de favoriser un encadrement adapté et propice au développement pérenne du secteur : l’économique fait le social et inversement  (par exemple de l’action de lobbying menée en faveur de la légalisation du complément d’heures choisies, ex avenants temporaires).
Notre expertise réside dans la connaissance fine des métiers de la propreté mais également dans notre capacité à identifier les évolutions des activités, des besoins, des organisations, et des hommes dans les prochaines années. En somme, d’être dans l’anticipation des évolutions du monde du travail, et identifier plus particulièrement les adaptations à prévoir pour rester un secteur économique en croissance, compétitif et riche en emploi.
Avec une couverture sur l’ensemble du territoire de la FEP et ses opérateurs (CTIP, FARE, INHNI, OPCA…), la FEP est au plus près des entreprises : cet accompagnement au quotidien permet d’être aujourd’hui l’institution habilitée à représenter les enjeux patronaux de la branche auprès des pouvoirs publics.