Alain Meslier, Délégué général de la Fédération des Ascenseurs

Pourriez-vous présenter la Fédération des Ascenseurs ? Quelles sont ses missions ?

La Fédération des Ascenseurs regroupant près de 120 entreprises adhérentes, représente 95% du secteur ainsi qu’un chiffre d’affaires de plus de 2,46 milliards d’euros en 2014. L’une des spécificités majeures de la profession est de couvrir toute la chaîne d’activité, des études en amont, jusqu’à la maintenance sur le terrain.

La Fédération promeut la profession, assure un rôle d’expert et de porte-parole auprès des pouvoirs publics, instruit les dossiers communs à la profession, et favorise la sécurité. La Fédération informe ses adhérents (dont les PME), les intervenants (prescripteurs, maîtres d’ouvrage, gestionnaires, architectes...), ainsi que les propriétaires et les utilisateurs d’ascenseur au sujet de l’évolution et de la réglementation.

Dans le cadre de la promotion de notre profession, nous nous engageons en faveur de la formation des jeunes, à partir du diplôme qui a été créé en 2006 en liaison avec l’Education Nationale, afin de promouvoir le métier d’ascensoriste et en particulier celui de technicien.

Enfin, nous travaillons également à l’information des usagers, notamment à la bonne utilisation des ascenseurs, des escaliers mécaniques ou encore des trottoirs roulants.

Quels sont les enjeux qui vous tiennent particulièrement à cœur aujourd’hui ?

Pour la Fédération des Ascenseurs, il est primordial de promouvoir le rôle social et sociétal de l’ascenseur afin de sensibiliser l’opinion quant à l’importance de son développement et de ses améliorations.

L’ascenseur, c’est 100 millions de trajets par jour en France. Premier moyen de déplacement utilisé par les Français, il répond par conséquent directement au besoin croissant de mobilité, au cœur de nos sociétés modernes. L’ascenseur favorise par exemple l’intégration des personnes en situation de handicap ainsi que le maintien à domicile des personnes âgées. En 2030, 30% de la population française aura plus de 60 ans : la question de l’accessibilité et de la mobilité va par conséquent devenir un enjeu social, économique et politique majeur. Or, l’ascenseur apporte dès aujourd’hui une réponse concrète à ces mutations.

Par ailleurs, la profession inscrit son action dans une véritable dynamique responsable et innovante. En matière d’environnement, la modernisation des ascenseurs passe par une politique en faveur de la transition énergétique, c’est-à-dire par une baisse de la consommation énergétique. Aujourd’hui, la consommation moyenne des appareils les plus récents est de l’ordre de 650 kWh, soit cinq fois moins qu’un appareil datant des années soixante.

En matière d’urbanisme, l’ascenseur accompagne la métamorphose de nos espaces de vie soit en s’améliorant, soit en proposant des solutions innovantes afin de faciliter la mise en situation future de l’ascenseur. Les capacités de transformation de l’ascenseur sont rendues possibles grâce au savoir-faire, à l’expertise et à l’engagement quotidien de la profession.

Du côté de la performance énergétique, comment la profession est-elle en mesure d’optimiser sa consommation ?

Les économies d’énergie, la réduction de la place occupée, ainsi que l’utilisation de matériaux toujours plus respectueux de l’environnement, sont des éléments démontrant que le développement durable et la maîtrise énergétique sont des axes clés pour les ascensoristes. L’ensemble du parc français des ascenseurs consomme l’équivalent de l’énergie électrique utilisée par une ville telle que Nantes ou Bordeaux. Si la rénovation du parc ancien était pleinement effectuée, sa consommation pourrait diminuer de 25%. Ce chiffre encourage la profession à se positionner afin d’obtenir des Certificats d’Economie d’Energie pour les travaux de rénovation.

Selon vous quel est l’avenir de l’ascenseur ?

Véritable acteur de la cité, l’ascenseur est l’avenir du milieu urbain : nous serons près de 8,5 milliards de personnes en 2030, dont 80% vivront en milieu urbain. L’ascenseur favorise la nécessaire verticalisation et la densification de nos villes ainsi que l’intégration des besoins humains. La profession mise sur l’innovation et place l’ascenseur, au service du bien-vivre ensemble. Rien qu’en 2014, 900 000 ascenseurs neufs ont été installés dans le monde.

Aussi, l’avenir du déplacement serait un ascenseur du futur qui produirait lui-même l’énergie qu’il consomme. Cet ascenseur nouveau pourrait être directement connecté à notre smartphone, nous reconnaître automatiquement et préprogrammer notre étage ou encore notre musique préférée...  Prendre l’ascenseur se transformerait alors en un agréable intermède égayant nos journées.

La profession investit en effet de plus en plus dans la recherche et le développement afin de créer des appareils en interaction avec l’utilisateur, plus performants, plus accessibles, plus confortables et à l’esthétique moderne et élégante. Cette révolution technique permettrait de créer des appareils à la fois respectueux de notre planète et mieux intégrés à nos espaces de vie.

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